jeudi, 27 août 2009

DEDE DANS LA CAPITALE / LA GUERRE DES BUS

100_0825Les véhicules touristiques bouchent le passage de certaines lignes de la Stib qui s’énerve.

La guerre est déclarée entre les chauffeurs de la Stib et les sociétés de cars touristiques. En cause, des infractions commises par les fameux autobus à double étage dans le quartier de la Bourse. Ceux-ci empêchent les lignes 95 et 48 de la société des transports bruxellois de stationner. Tension!

Un capharnaüm. Tel est le terme idoine pour décrire au mieux l’engorgement provoqué par les bus touristiques à deux étages. Depuis quelques années, ces véhicules inspirés du modèle typiquement londonien font intégralement partie du trafic bruxellois. Selon la société, ils sont colorés de rouge, bleu ou vert. Ils sont une aubaine pour les touristes mais un cauchemar pour les chauffeurs de transports en commun. C’est ainsi que l’explique André Flémal, chauffeur de bus à la Stib qui a 17 ans de métier à son compteur. C’est problématique, dit-il d’emblée. Lorsque j’arrive au terminus de la Bourse et que j’ai ma pause de vingt minutes, j’ai l’autorisation de stationner à cet endroit. Seulement, cela devient de plus en plus difficile à cause des cars touristiques qui bouchonnent le passage, explique le conducteur de 42 ans. En clair, ils n’ont pas le droit de stationner sur les emplacements réservés aux bus de la STIB.

ARDU POUR LES ARTICULÉS

En plus , rajoute-t-il, c’est un arrêt qui accueille deux lignes, le 48 et le 95. Et ce dernier est un bus articulé. Et, fréquemment, je ne sais pas me garer correctement car la place me manque. La remorque ne suit pas , se plaint le quadragénaire. Le chauffeur bruxellois est dès lors amené à réaliser des prouesses pour ranger son véhicule correctement. Pis encore, la sécurité des passagers est menacée. Si je voulais vraiment être emmerdant, j’appliquerais le règlement à la lettre et je ne pourrais pas débarquer les usagers qui se trouvent dans la remorque car elle ne se situe pas à côté du trottoir. Mais, cela ne plairait pas aux utilisateurs , plaisante le Bruxellois. Et lorsqu’André décrit la délicate situation aux chauffeurs de bus touristiques, ce ne sont pas des mots doux qu’il réceptionne en retour... Je leur explique gentiment et poliment. Après, je reçois des noms d’oiseaux. Je les laisse cracher leur venin. «

“On se planque pour verbaliser”

Pour se rendre compte de la situation, nous avons demandé à un superviseur de la Stib d’éclairer notre lanterne. Daniel Bulinckx, 50 ans, contrôle le réseau des bus Stib du centre-ville. Trois compagnies touristiques proposent le service de visite de Bruxelles en bus ”, annonce-til.Elles sont autorisées à utiliser des arrêts de la Stib. Mais, pas n’importe comment. Les bus peuvent juste embarquer ou débarquer (faire du hop on-hop off comme on dit dans le jargon, ndlr). Mais en aucun cas stationner ”, prévient le superviseur.À la Bourse, il n’est pas rare de voir en pleine heure de pointe plusieurs bus garés aux arrêts. On aperçoit trois véhicules articulés de la ligne 95 et deux bus normaux 48. Et, entre ceux qui prennent leur pause et les véhicules supplémentaires, cela fait beaucoup de monde en même temps à cet emplacement. Alors, imaginez si les bus touristiques devaient eux aussi demeurer là... ” Le superviseur doit donc régulièrement se montrer afin que les autobus de visite de la capitale ne viennent pas encombrer un emplacement déjà fort sollicité par les transports en commun bruxellois.Dès que les chauffeurs de cars touristiques nous voient, ils bougent immédiatement. Ils font  un tour et puis, ils reviennent au même endroit ”, soupire Daniel Bulinckx. “Nous sommes donc obligés de nous planquer pour pouvoir les verbaliser. Nous demandons également à nos chauffeurs de nous prévenir en cas d’infraction. On débarque alors directement”, rajoute-t-il. À la gare centrale, même problème mais plus d’indulgence du côté des superviseurs. “Avec les travaux, il faut bien avouer que cela devient difficile pour les bus de se garer.Nous avons d’ailleurs nous même improvisé de nouveaux terminus pour nos lignes comme le 86 par exemple. ” «

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DROIT DE REPONSE :

Trop de travaux, pas de place pour tous.

Contacté au sujet du désagrément causé par les bus touristiques à deux étages, la société Open Tours souhaite dédramatiser la situation.

Nos chauffeurs essayent le plus possible de déranger le moins les autres véhicules” ,explique Luc Van Acker, directeur de l’entreprise aux bus de couleur rouge.“ Nous avons un accord avec la Stib pour utiliser l’arrêt de la Bourse ” , se justifie-t-il. Pour la société, les désagréments causés par leurs véhicules restent des cas extrêmement isolés. “ C’est vrai qu’en avoir des encombrements. La Stib nous a contactés à ce sujet. Mais,c’est très rare ”, poursuit le directeur d’Open Tours.

UN VÉRITABLE CASSE-TÊTE

Suite aux énormes travaux sis dans le quartier de la Gare centrale, de nombreuses voiries ont dû être temporairement fermées à la circulation. C’est alors un véritable casse-tête pour les sociétés de transports en commun et touristique qui ont dû trouver des arrêts alternatifs.“ À la Gare centrale, nous avons perdu plusieurs emplacements à cause des aménagements. Nous nous retrouvons maintenant derrière la station ce qui ne nous arrange guère car nous sommes nettement moins visibles ”, se plaint le directeur de la société de tourisme Open Tours. «

DédéSTIB

17:43 Écrit par DédéSTIB dans S.T.I.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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